BOUFFE POP’ CONTRE L’A412 LE 5 AVRIL

On se retrouve samedi 5 avril dès 12h dans le Chablais, juste à côté de Genève, pour réaffirmer notre opposition au projet de construction de l’autoroute A412 de Machilly à Thonon-les-Bains.
Au programme
– Rencontres et discussions autour d’un repas gratuit
– Quizz sur l’A412 (avec des surprises à gagner!)
– Atelier de création de banderoles et de drapeaux pour visibiliser la lutte contre l’autoroute
– Atelier de bricolage d’animaux géants menacés par le tracé de l’autoroute
– Chamboule-tout et jeux accessibles aux enfants
Pourquoi on fait ça?
En octobre dernier, le nom de la multinationale qui va construire et exploiter l’autoroute pour les 55 prochaines années a été révélé: c’est Eiffage, la deuxième société de concession autoroutière de France. 
Depuis, tout s’accélère: l’entreprise est sur place et commence déjà à faire des mesures et des sondages, en retournant le terrain jusqu’à 70m de profondeur et en coupant des arbres, le plus souvent sans autorisations.
Normalement, Eiffage va déposer des autorisations environnementales en juin prochain et si elle les obtient, les travaux pourraient commencer en 2026!
Il devient donc de plus en plus urgent de s’opposer à ce projet et d’empêcher sa réalisation.
Il devient également toujours plus nécessaire de visibiliser ce projet et ses enjeux auprès des habitant-es afin de contrer la campagne de désinformation d’Eiffage.
Et de rappeler les aspects anti-démocratiques, anti-écologiques et anti-sociaux de son projet.
Pour toutes ces raisons, nous appelons déjà à un grand rassemblement le samedi 10 mai 2025. Il est temps de mettre un terme définitif à ce projet que l’état et les industriels de la région essaient d’imposer à la population depuis plus d’une trentaine d’années malgré la résistance de la grande majorité des agriculteur.ices, des chasseur.euses, des associations et d’une grande partie de la population locale!

Argumentaire contre la privatisation des autoroutes

Les capitalistes règnent

Les sociétés privées qui possèdent les concessions autoroutières s’accaparent un bien public et privatisent le profit dans une position commerciale sûre et confortable qui fait les poches de l’administration publique.

Jusqu’en 2006, les autoroutes étaient majoritairement en mains publiques. Mais ces parts ont alors été vendue à des sociétés concessionnaires privées à un montant nettement inférieur à leur réelle valeur. Cette vente a été menée par Bruno Lemaire, alors chef de cabinet de De Villepin. Puis en 2015, un contrat scandaleux est signé sans aucune transparence entre l’Etat et les sociétés concessionnaires autoroutières. Le contrat, signé par Ségolène Royal sous le gouvernement Valls, est extrêmement désavantageux pour l’Etat et protège les entreprises. Dès lors, si l’état prend une décision qui pourrait désavantager les sociétés concessionnaires d’autoroutes (par exemple augmentation de la redevance), il doit y avoir des compensations (par exemple augmentation des tarifs des péages, augmentation de la durée des contrats de concession, etc.) Ainsi, ces concessions ne comportent aucun risque pour les sociétés privées.
De plus, il est désormais extrêmement difficile pour l’état de renationaliser les autoroutes ou même de remettre en cause les profits exubérants avant le terme des contrats de concession (entre 2031 et 2086, la grande majorité après 2050).

Les sociétés concessionnaires d’autoroutes (SCA) engrangent des sommes astronomiques au détriment des usagèrexs et de la population qui non seulement n’a pas accès au financement de services publics mais en plus doit payer chaque trajet.

Les SCA détiennent près de 9’500km d’autoroutes concédées.
En février 2021, un rapport de l’inspection générales des finances dénonce cette situation et préconise sans succès le raccourcissement de la durée des concessions et une taxation supplémentaire des surprofits.
Les marges des SCA sont aux alentours de 12% au lieu des 7,7% prévus dans l’accord de vente de 2006. Des marges comparables à celles de l’industrie du luxe. Sur la seule année 2022, les SCA ont engrangé 11,6 milliards d’euros de chiffre d’affaire (+8.9% par rapport à 2021).

Il suffit de 5 ans de péage pour rembourser les coûts d’acquisitions et de construction d’une autoroute, le reste du temps de la concession étant ainsi quasi exclusivement réservée à la démultiplication des profits des SCA.

Argumentaire contre Eiffage / AMEDEA

La multinationale qui a obtenu le contrat de construction et d’exploitation de l’autoroute A412 est Eiffage et sa société AMEDEA, détenue par sa branche APRR. Eiffage est tristement célèbre pour ses agissements frauduleux.

1. Une multinationale qui privatise les profits et qui collectivise les pertes.

La gestion du projet est confiée à une énorme entreprise qui profite de concessions publiques pour réaliser un bénéfice indécent et verser des dividendes à ses actionnaires alors même que la France est traversée par une crise d’inflation.

Eiffage est un des géants du secteur de la construction, des infrastructures, de l’énergie et des concessions. Son activité principale est en France. Il a réalisé 21,8 milliards de chiffres d’affaires en 2023 (mais 46% de son chiffre d’affaires vient des concessions) et 1 milliard de bénéfices.
Benoit de Ruffray, le PDG, touche 3,5 millions d’euros annuels.
Les dividendes versés aux actionnaires ont augmenté en 2023, à une période de flambées des prix en France.
Il a depuis octobre 2024 une concession de 55 ans sur l’A412. L’investissement pour ce projet est estimé à un peu plus de 300 millions d’euros mais la limite de chiffre d’affaires d’Eiffage est fixée à 3,5 milliards d’euros!

2. Un acteur économique écocidaire

Eiffage participe de manière centrale à l’artificialisation des terres et à des projets écocidaires. Il met en place des infrastructures qui permettront l’usage à long terme de modes de transport polluants qui contribuent à la crise climatique.

Eiffage…
…entretient et exploite plus de 2’300 km d’autoroutes en France ce qui en fait le 2ème plus gros exploitant autoroutier du pays.
… ne cesse de se développer à l’international, dont sur un projet de barrage en Côte d’Ivoire qui est une catastrophe environnementale.
…est le gestionnaire du port de Toulon.
…est mandaté pour l’aéroport de Lille et possède presque la moitié de l’aéroport de Toulouse.
…est mandaté pour la construction de deux réacteurs à la centrale nucléaire de Penly, en Seine-Maritime.

3. Des modes d’action antisociaux

Eiffage est une entreprise qui n’hésite pas à mettre en danger les personnes qui travaillent pour elle afin d’augmenter ses marges. Elle est (très) peu respectueuse du droit du travail et du droit syndical. Bref, Eiffage est une entreprise qui méprise et néglige les employéexs et les ouvrièrexs.

Les nombreuses filiales d’Eiffage sont régulièrement dénoncées pour leur manque de considération pour leurs employéexs :
→ Versements de salaires de misère aux employéexs alors même que le groupe verse plus de 300 millions d’euros par ans à ses actionnaires
→ Management brutal qui met sous pression les employéexs et impose des rythmes intenables
→ Très peu d’égard pour les normes de sécurité sur les chantiers ou dans les usines ; ce qui implique de nombreux accidents du travail, dont certains très graves
→ Discrimination des ouvrièrexs syndiquéexs qui se mobilisent pour leurs droits

(Quelques sources : La Nouvelle République ; Mediapart ; Mediapart ; Mediapart)

4. Des dirigeants corrompus

Plusieurs cadres et anciens d’Eiffage sont liés à des affaires de corruption, de détournement de fonds et de proxénitisme. Accorder des concessions publiques à ce genre d’entreprises renforce leur pouvoir et leur impunité.

  • Eiffage a reçu des amendes pour entente en 2013 pour une fausse concurrence dans le marché pour la reconstruction de miradors de la prison de Perpignan. Cela avait déjà été le cas en 2005 et 2007.
  • Jean-Luc Vergin et David Roquet, d’anciens cadres, ont été mis en examen pour proxénitisme dans l’affaire Strauss-Kahn au Carlton en 2015.
  • Thyl Zoete, directeur général d’Eiffage, a été incarcéré pour corruption et détourement de fonds dans une sombre affaire avec le maire d’Agde et une voyante puis a payé une caution en 2024 pour sortir. Un autre cadre d’Eiffage a été mis en examen dans cette affaire de corruption utilisant les fonds d’Eiffage.
  • Selon un ancien directeur de filiale, les dirigeants d’Eiffage n’hésite pas à corrompre les élus.

Quelques sources (Le Monde, Le Monde, France 3, Médiacités)

5. Des liens suspects avec l’Etat

Eiffage a su se rendre indispensable dans de nombreux projets étatiques. Par conséquent, sa voix est particulièrement écoutée par les politiciennexs. Le fait que Borne y ait travaillé laisse supposer une proximité majeure entre ses dirigeants et l’Etat. C’est problématique du point de vue de la transparence et de la démocratie.

  • Borne a travaillé en tant que directrice des concessions chez Eiffage, avant de travailler dans plusieurs ministères, à la RATP et d’être première ministre française puis ministre de l’Education nationale. Son poste chez Eiffage lui a déjà été reproché pour risque de conflits d’intérêts lorsqu’elle était ministre des transports et qu’elle avait le rôle d’attribuer les marchés.
  • Eiffage gère le parc de logements du ministère des armées.
  • En 2015, Eiffage a bénéficié d’un protocole d’accord sur les concessions autoroutière extrêmement avantageux, signé par Ségolène Royal sous le gouvernement Valls. (voir argumentaire contre la privatisation des autoroutes)

6. Greenwashing et Sportwashing

Comme de nombreuses multinationales (Total Energies par exemple), Eiffage prétend être du côté de la solution en matière de gestion de la crise climatique, et n’hésite pas à redorer son image en sponsorisant des athlètes de haut niveau. Il prétend aussi s’aligner sur les objectifs étatiques. Mais ses activités et les chantiers qu’il a prévus sont incompatibles avec la diminution nécessaire urgente des émissions de gaz à effet de serre.

Eiffage prétend pouvoir atteindre le net zéro d’ici 2050.
Eiffage sponsorise des athlètes de haut niveau.
Eiffage gère le stade de foot Pierre-Mauroy à Lille.

Projection des médias de la haine contre Bolloré

Venez mercredi 29 janvier à 19h à Uni Mail pour une super projection du documentaire de Off Investigation sur le danger de la privatisation des médias en France par des milliardaires d’extrême-droite !

Elle a lieu dans le cadre des journées d’actions contre l’empire Bolloré lancées par les Soulèvements de la Terre. Elle est co-organisée avec le syndicat étudiant de l’université de Genève, la CUAE.

STOP A412, Eiffage dégage

Nouvelle action spontanée dans le Chablais. Des grimpeureuses sont allées accrocher une banderole géante en haut d’une grue.

En 2025, on continue la lutte contre ce projet d’autoroute jusqu’à qu’il soit abandonné !

 

P.S. Excusez-nous pour la qualité médiocre de la photo ! On fera mieux les prochaines fois 🙂

La pire : Autoroute A412, la looze

https://audioblog.arteradio.com/blog/240439/podcast/240443/4-12-2024-autoroute-a412-la-looze

 

« La pire-radio » nous propose une émission inédite : Autoroute A412, la looze

Vous l’avez déjà écoutée??

Bons arguments contre les autoroutes et bonnes musiques

1h30 d’écoute avec des interwiews de l’ACPAT, des SDT Geneve, des actualités politiques…

Groppi t’es complice : stop A412

Dans la nuit du 12 au 13 décembre, le comité local des Soulèvements de la Terre – Genève s’est rendu au siège de Groppi TP à Margencel (Haute-Savoie) pour lui refaire sa déco de Noël. Groppi avait annoncé fin octobre son partenariat avec AMEDEA (du groupe Eiffage) pour la construction de l’autoroute A412.
Nous appelons Groppi à rompre immédiatement le contrat qui le lie à AMEDEA pour la construction de l’autoroute A412 !
Le 28 octobre, Groppi annonce qu’il est fier d’être co-traitant de la construction de l’A412, aux côtés d’AMEDEA (du groupe Eiffage). Il décrit le projet comme « ambitieux » et « contribu[ant] au développement de la Haute-Savoie ».
Nous tenions à lui rappeler que les ambitions du projet sont bien réelles et destructrices : artificialisation et parcellarisation des terrains agricoles, contribution à l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre, destruction d’habitats naturels, concurrence avec le rail (bien plus écologique), favorisation des intérêts industriels, dépouillage de la population locale.
Le développement de la Haute-Savoie ne se fera pas à ce prix-là !
Eiffage et Amedea dépendent de contrats avec de « petites entreprises » pour construire leur foutue autoroute. Celles-ci peuvent leur fournir de la main d’oeuvre et de la matière première locale. Eiffage est gagnant sur toute la ligne, Groppi s’en met plein les fouilles et c’est encore les mêmes qui trinquent : les paysan.ne.x.s, les habitant.e.x.s loc.ales.aux et les victimes du réchauffement climatique local et global.
Petit rappel : Groppi n’est pas une petite entreprise (même si c’est un bien plus petit poisson qu’Eiffage). Elle réalise un chiffre d’affaire de plusieurs dizaines de millions chaque année. Pour atteindre un chiffre d’affaire pareil, ils sélectionnent leurs projets non pas pour ce qu’ils sont mais pour combien d’argent ils vont leur rapporter. Cette nuit, nous leur avons rappelé que cette stratégie irresponsable a un prix.
L’A412 est au bénéfice d’une déclaration d’utilité publique mais il serait bien plus correct de la sanctionner d’un certificat d’intérêt privé.
Comment se fait-il que des entreprises meurtrières ne cessent d’augmenter leurs chiffres d’affaire alors même que la population mondiale fait face à l’inflation sanglante ?
L’A412 illustre une fois de plus cette tendance. C’est le groupe Eiffage, par l’intermédiaire d’AMEDEA, qui a décroché le jackpot avec le contrat de concession de 55 ans pour la construction et la maintien de l’autoroute entre Thonon et Machilly. Eiffage, c’est 21,8 milliards de chiffre d’affaires en 2023 et 1 milliard de bénéfices. 46% de son chiffre d’affaires vient des concessions. Pour l’A412, AMEDEA va investir environ 300 millions d’euros (pas une grande somme à son échelle). Ensuite, pendant des dizaines d’années, l’entreprise profitera un max grâce aux péages de ce contrat de concession totalement à son avantage.
Alors que les prix montent partout en France, les riches actionnaires d’Eiffage voient encore leurs dividendes augmenter.
Pour Groppi, les chiffres sont moins vertigineux, mais son chiffre d’affaire s’élève tout de même à plus de 23 millions en 2023 (+2,2% de plus qu’en 2022).
L’A412 est-elle nécessaire pour les habitant.e.x.s du Chablais ou pour les entreprises alliées aux empires de la construction telles qu’Evian ou les Papeteries du Léman ?
Les prix des péages de l’A412 ne sont pas encore connus mais ils devraient être aux alentours de 5 euros pour 16.5km (la longueur du tronçon), c’est-à-dire ni plus ni moins que la peau du cul. C’est d’autant plus révoltant que cet argent part directement dans les poches des privés sans aucune possibilité de redistribution ou investissement dans des politiques solidaires.
Il est évident que cette autoroute bénéficie bien plus à dimmenses entreprises qu’au Chablais et à ses habitant.e.x.s. Ne prenons que l’exemple d’Evian qui extrait 1,5 milliards de litres d’eau et met en circulation entre 140 et 180 camions par jour (chiffre qui pourrait encore augmenter avec l’A412). Alors même qu’ils n’utilisent pas tous les créneaux de fret ferroviaire qui leur sont attribués.
Dans le même temps, 75% des déplacements des habitant.e.x.s dans le Chablais sont d’une longueure égale ou inférieure à 3 km.
L’A412 est au bénéfice d’une déclaration d’utilité publique mais il serait bien plus correct de la sanctionner d’un certificat d’intérêt privé.
Comment tolérer que ces intérêts privés motivés uniquement par la croissance économique soient priorisés par l’Etat ?
Tous les coups sont permis pour engranger des millions. C’est comme ça qu’on pourrait résumer le business model d’Eiffage.
Il faut bien dire que l’Etat se plie en quatre pour lui accorder tous les avantages possibles et imaginables : revente des sociétés étatiques en 2006, accord entre l’Etat et les concessionaires extrêmement avantageux pour les privés en 2015 et des concessions-éternités qui sont pourtant critiquées même par la Cour des comptes et le Sénat (c’est-à-dire pas exactement des gauchistes).
Malgré tout ça, Eiffage ose annoncer que ces investissements représentent des risques pour eux et qu’ils sont prêts à assumer les pertes potentielles. Peut-on appeler ça autrement que du foutage de gueule ?
Comment rester silencieux.ses alors que l’on sait combien de recours ont été contournés par la justice française afin de réaliser les rêves dEiffage et de ses complices ?
Les oppositions à l’autoroute sont multiples et fortes : le projet a plus de trente ans et les voix contestataires continuent à être invisibilisées. 
Des alternatives existent pourtant, telles que le renforcement des services de transports publics. La construction de l’autoroute empêcherait la construction d’une deuxième voie de train, nécessaire pour les croisements et bloquerait donc l’augmentation de la fréquence des liaisons entre Thônon et Genève.
La déclaration d’utilité publique date de 2019, c’est-à-dire un moment où le Léman Express n’était même pas encore entré en service. Ainsi, toutes les décisions de justice validant le projet et son utilité reposent sur une situation tronquée.
Nous appelons Groppi à rompre immédiatement le contrat qui le lie à AMEDEA pour la construction de l’autoroute A412 !

Qu’est-ce que l’autoroute A412 ?

C’est un vieux projet bien pourri dont les travaux pourraient commencer tout prochainement… C’est une autoroute 2×2 voies de 16,5km entre Thônon-les-Bains et Machilly. Voici quelques arguments pour montrer l’inutilité et la nuisibilité de ce projet !

Une autoroute par les puissants et pour les puissants

– L’autoroute du Chablais est un vieux projet qui a plus de trente ans. Depuis le début, il y a une forte opposition d’habitantexs et d’associations locales qui ne sont pas entendues. Certaines associations se sont même constituées uniquement pour s’opposer à la construction de l’autoroute.
– Sur place, la résistance est forte: la dernière manifestation a réuni plus de 50 tracteurs et au moment de l’enquête publique c’est 17 des 18 fermes laitières des coopératives (citées ci-dessus) qui se sont farouchement opposées au projet, aux côtés du SIR (syndicat interprofessionnel du reblochon) et de plusieurs organisations syndicales. Les agriculteurs refusent ainsi d’être « la variable d’ajustement de cette infrastructure”.
– La construction de cette autoroute repose sur une déclaration d’utilité publique (DUP) douteuse délivrée en 2019. Depuis, le leman express – qui déplace jusqu’à 1’300 passagèrexs par heure à l’heure de pointe – a été développé et constitue une alternative fonctionnelle à l’autoroute mais n’est pas considérée dans la DUP
– Pour ne pas avoir à passer par le chemin démocratique local et normal, les autorités sont passées en force par l’assemblée nationale et le sénat. Ce qui leur a permis d’éviter les contradictions au niveau local, de museler les oppositions, d’alléger le temps et l’importance des enquêtes publiques et d’impact environnemental, etc.
– L’A412 va servir beaucoup plus aux industriels de la région qu’aux habitantexs. C’est un projet estimé à 387 millions d’euros qu’Eiffage entend bien rentabiliser. Il y a actuellement 55 projets autouroutiers en France pour un total de 18 milliards d’euros (dont 12 milliards publics). Par exemple, les eaux d’Evian va directement bénéficier de l’A412 puisqu’ils exportent déjà aujourd’hui entre 140 et 180 camions par jour.

Une autoroute qui menace l’agriculture régionale

– L’A412 menace l’agriculture régionale et particulièrement les exploitations laitières et les acteurs économiques qui y sont liés.

– L’augmentation de la pollution de l’air et des sols due au trafic induit et à la construction de l’autoroute aura des effets néfastes sur les exploitations agricoles.

– C’est une perte irréversible de plus de 50ha d’espaces agricoles qui est en jeu et qui concerne 30 exploitations agricoles. Les compensations surfaciques, tout comme les compensations collectives sont risibles voire mensongères.

– Les agriculteurices dénoncent le fort taux d’urbanisation de la région qui participe à la destruction de terres agricoles et empêche d’envisager des compensations dans la région. Financièrement, iels estiment leur perte à 20 millions d’euros pour la filière du lait sur la durée de la concession (75’000 reblochons par an).

Une autoroute qui détruit la biodiversité

– 15 espaces naturels différents qui sont menacés sur le tronçon de 16,5km.
– 76 ha de milieux boisés ; 69 ha de milieux prairiaux et bocagers ; 27 à 34ha de zones humides seront détruits
– 126 ha d’habitats naturels (soit plus de 170 terrains de foot, 1 ha = 1,4 terrain de foot) seront détruits
→ 58 ha utilisés pour le repos et l’hivernage des amphibiens.
→ 118 ha d’habitats pour les reptiules
→ 122 ha d’habitats pour les oiseaux
→ 119 ha utilisés par les chauve-souris
→ 8 ha d’habitat du castor d’Europe
→ Les écureuils, les hérissons et les muscardins sont aussi concernés.

– 77 ha d’intérêt communautaire seront détruits (dont 4ha d’habitats prioritaires)

– 74ha de la forêt de Planbois seront détruits alors qu’ils abritent des espèces emblématiques comme le castor, très présent près de Bons.
– Le castor est le premier animal protégé en France en 1909.
Il est le plus grand transformateur de son environnement après les humains. Mais c’est positif, il favorise la biodiversité, régule les cours d’eau, régénère des écosystèmes, hydrate les sols et prévient des inondations.
Entre Avril 2024 et l’été 2025, c’est l’année du castor décrétée par la Société de protection de la nature pour célébrer les 50 ans de sa réintroduction dans la Loire.
Il reste classé sur liste rouge des espèces menacées.
Sa préservation et son développement font partie de la stratégie nationale biodiversité 2030.

– Des sites Natura 2000 subiront un impact limité. Toutefois, on ne dispose pas d’analyses sur l’impact à propos des couloirs faunistiques. Notamment en ce qui concerne le lynx.

Une autoroute chère et inutile

– Des solutions plus raisonnables et fonctionnelles sont largement possibles. Il faudrait par exemple développer le réseau de transports publics en aménageant une voie de bus sur la départementale et élargir le volume de train, entre autres plus tôt le matin.
– L’A412 n’atteindrait pas les objectifs annoncés. Construire des autoroutes ne fluidifie pas le trafic mais appelle à toujours plus prendre sa voiture et crée au final plus de bouchons.
– L’A412 engorgerait les communes aux alentours du tracé.
– Elle ne réduirait que de quelques minutes (si il n’y a pas de bouchons) le trajet entre Thonon et Machilly par les routes départementales.
– 3/4 des déplacements de la population locale font moins de 5km. Les habitantes n’ont donc pas besoin qu’une autoroute rase leurs terres.
– Le tronçon coûterait environ 6 euros aller-retour. Les profits d’eiffage (immense entreprise privée qui a signé le contrat de concession) seront faramineux et sur le dos des usagèrexs. Et c’est un grand manque à gagner pour l’état et de l’argent qui ne pourra pas être réinvesti pour le développement des transports publics ou des politiques de transition écologique.

Sources

 

  • Lettre des coopératives laitières du massif des Moises et de Brenthonne aux élus de la CASMB, presse, sénateurs et députés haut-savoyards
  • Décret DUP 24 décembre 2019, site de la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement Auvergne-Rhône-Alpes
  • Loi n° 2023-649 du 21 juillet 2023 visant à régulariser le plan local d’urbanisme intercommunal de la communauté de communes du Bas Chablais et articles de presse la concernant
  • La Déroute des routes
  • Avis délibéré de l’Autorité environnementale sur la liaison autoroutière concédée entre Machilly et Thonon-les-Bains, les mises en comptabilité des documents d’urbanisme et la suppression des passages à niveau n°65 et 66 à Perrignier (74), 2017
  • Moktharian P. L, Samaniego F. J, Shumway R. H, Willits N. H (2002), Revisiting the notion of induced traffic through a matched-pairs study, Transportation 29, pp. 193-220
  • Mémoire de la SNCF en réponse à l’autorité environnementale

La résistance à l’A412 débarque sur les ronds-points

 
Dans la nuit de samedi à dimanche, le comité genevois des Soulèvements de la Terre a inscrit sur le bitume son opposition au projet d’autoroute A412 devant relier Machilly à Thonon.
Le rond-point de Lully sur la D903 acueille désormais un faux péage qui dénonce le projet mortifère d’autoroute du Chablais et son attribution à l’entreprise Eiffage. Des messages de contestation ont fleuri le long de cette départementale proche du tracé du projet autoroutier. Notre comité local marque ainsi son arrivée dans la lutte contre ce projet cinquantenaire, symbole d’une autre époque, profitant à des millairdaires avides. Nous nous révoltons face à cette infrastructure insensée qui va détruire des habitats naturels et des terres agricoles en les couvrant de bitume.
Dans quel monde est-il possible de développer encore des routes à grande vitesse?
Cette artificialisation effrénée est le symbole d’un sysème capitaliste dépassé qui accélère dans sa course vers la catastrophe. Et qui nous emmène avec.
Mais ce n’est pas tout, c’est le géant Eiffage qui a obtenu la concession de construction qui lui permettra de bénéficier des péages qui sont annoncés à un prix exorbitant. Profitant de conditions ultra-favorables accordées aux constructeurs autoroutiers par l’Etat français depuis 2015, les actionnaires d’Eiffage s’accaparent les richesses au détriment de la population. 
A l’heure de l’urgence climatique extrême, cette artificialisation au service d’un moyen de transport polluant est insupportable. En plus, cette autouroute est d’abord pensée pour les intérêts des industriels de la région, parmi desquels les papeteries du Léman, propriétaire du milliardaire raciste et catholique fanatique Vincent Bolloré.
Ce projet est antidémocratique car il est privatisé et ne respecte pas les protestations locales et paysannes, il est destructeur car il va détériorer une zone naturelle abritant entre autres le castor d’Europe et c’est un contresens car il développe un mode de transport individuel et polluant alors qu’il est plus nécessaire que jamais de réduire les émissions de gaz à effet de serre.
Tenez-vous informéexs pour les prochaines actions contre ce projet autoroutier funeste.
Pour plus d’informations sur notre action et notre lutte :
Comité local Les Soulèvements de la Terre Genève
soulevementsgeneve@riseup.net